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Bègue, Murielle (2007) Le rapport au politique des personnes en situation défavorisée. Une comparaison européenne: France, Grande-Bretagne, Espagne. Doctorat Sociologie, IEP Paris, Observatoire Sociologique du Changement p.497.
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Résumé
L’exclusion de la frange la plus démunie de leurs populations est l’une des questions sociales majeures auxquelles sont aujourd’hui confrontées les sociétés européennes. Ce problème fondamental menace la cohésion nationale et nous interpelle, en tant que citoyens et membres d’un corps social, sur les capacités d’intégration de nos sociétés.
La problématique centrale de cette thèse confronte deux mouvements de long terme : d’une part la détermination économique des conditions d’existence et leur traduction en termes politiques, d’autre part la construction des cultures nationales comme cadre interprétatif de ces conditions d’existence et des attitudes politiques qui en découlent.
Que pensent les plus pauvres de la politique ? Quel sens et quels motifs donnent-ils à leur indifférence ou à leur implication dans le jeu politique ? Se poser ces questions dans une perspective comparative a permis, sur la base d’analyses statistiques (source : Eurobaromètres), de mettre en évidence les mécanismes structurels qui conduisent les personnes en situation défavorisée à se détourner du champ politique.
Mais décrire le rapport au politique des plus précaires sous le seul angle interprétatif du désintérêt équivaut à négliger l’hétérogénéité de leurs attitudes politiques. Une enquête qualitative menée à Chartres, Oxford et Pampelune a permis d’élaborer une typologie unique des rapports au politique comportant quatre items : l’apathie, le mécontentement, la perplexité et la loyauté. Les cultures nationales constituent des contextes porteurs de sens, au sein desquels des comportements politiques similaires revêtent des significations différentes.
| Type d'EPrint: | Thèse (Doctorat) |
|---|---|
| Informations complémentaires: | Voir également le document du même titre, sous-titré "Annexes et bibliographie". |
| Directeur de Mémoire: | Paugam, Serge |
| Date: | 04 Décembre 2007 |
| Jury de Mémoire: | Colas, Dominique et Collovald, Annie et Laparra, Miguel et Lee Downs, Laura et Schnapper, Dominique |
| Ecole Doctorale: | ED 234 ECOLE DOCTORALE DE SCIENCES PO |
| Discipline: | Sociologie |
| Fonds: | ENSAE |
| Institution: | Institut d'Etudes Politiques de Paris |
| Laboratoire: | IEP Paris, Observatoire Sociologique du Changement |
| Sujets: | 9. Sciences de l'économie, de la gestion et de la société |
| Mots-clés libres: | Pauvreté, Comportement politique, Apathie, Perplexité, Loyauté, Mécontentement |
| Code ID: | 4003 |
| Déposé par : | Murielle Bègue |
| Déposé le : | 21 Juillet 2008 |
Table des Matières
INTRODUCTION GÉNÉRALE 15
1. La question de l’intégration politique, au cœur de la problématique du lien social dans les sociétés européennes 20
2. La constitution de l’objet d’étude 23
3. Une approche comparative 39
4. Hypothèses et axes de recherche 43
5. L’enquête 49
Le matériau quantitatif 50
L’enquête qualitative 53
PARTIE I
MISE EN PERSPECTIVE
CHOMAGE, PAUVRETE ET RAPPORT AU POLITIQUE 61
CHAPITRE 1
LE CHOMAGE COMME EXPERIENCE DESOCIALISANTE :
QUELLE INFLUENCE SUR LE RAPPORT AU POLITIQUE ? 63
I. Chômage et politique : deux faits sociaux en interaction ? 64
I.1 L’hypothèse de l’absence d’effet du chômage sur la politique 64
I.2 L’hypothèse de l’effet direct du chômage sur la politique 66
I.3 L’hypothèse de l’effet indirect du chômage sur la politique 69
II. Le rôle intégrateur du travail 73
II.1 La dimension structurante du travail : statut social et classe sociale 74
II.2 Le travail comme rôle social et valeur 75
II.3 Faire quelque chose, être quelqu’un 78
II. Les conséquences d’un manque : quelques pistes d’analyse en direction de l’apathie politique des chômeurs 79
III.1 L’absence de travail : acquisition d’un statut dévalorisé 79
II.2 L’intériorisation du stigmate fondée sur le sentiment d’inutilité sociale 82
II.3 Ne rien faire, n’être personne 86
IV. L’effet de la variable chômage sur les comportements politiques 89
IV.1 Le peu d’intérêt des chômeurs pour le contexte sociopolitique 90
a) L’effet du chômage sur l’intérêt pour la politique 90
b) L’effet du chômage sur l’utilisation des media 99
IV.2 L’effet du chômage sur les comportements politiques 102
a) L’effet du chômage sur l’absence de préférence partisane 102
b) L’effet du chômage sur l’abstention 107
IV.3 L’impact du chômage sur le rapport aux institutions politiques 110
a) L’effet du chômage sur la satisfaction à l’égard de la démocratie 110
b) L’effet du chômage sur le radicalisme politique 115
Conclusion partielle 123
CHAPITRE 2
PAUVRETE ET RAPPORT AU POLITIQUE
L’EFFET DE LA PAUVRETE SUR LES OPINIONS POLITIQUES ET SOCIALES 127
I. Les conséquences non-financières de la pauvreté 131
I.1 Être pauvre dans une société de consommation 132
I.2 La pauvreté : une situation d’infériorité dans l’espace social 139
I.3 Pauvreté et dépendance 146
II. Les conséquences de la pauvreté sur les comportements et opinions politiques 153
II.1 Revenu et participation électorale 154
II.2 La corrélation entre la pauvreté et d’autres attitudes politiques 157
III. L’effet de la pauvreté monétaire sur les attitudes politiques 159
III.1 Les conséquences de la pauvreté sur les appartenances politiques 161
a) L’effet du revenu sur le sentiment de fierté nationale 161
b) L’effet du revenu sur les préférences partisanes 163
III.2 Bas revenus et désintérêt pour le contexte sociopolitique 167
a) L’effet du revenu sur l’intérêt pour la politique 168
b) L’effet du revenu sur l’utilisation des media 174
III.3 Niveau de revenu et attitudes vis-à-vis du système politique 178
a) L’effet du revenu sur la satisfaction à l’égard de la démocratie 179
b) L’effet de la pauvreté sur le radicalisme politique 184
Conclusion partielle 189
PARTIE II
APPROCHE COMPRÉHENSIVE
LES MANIERES DE PENSER LE POLITIQUE DES PERSONNES EN SITUATION DEFAVORISEE 193
CHAPITRE 3
TYPOLOGIE
LES RAPPORTS AU POLITIQUE DES PERSONNES EN SITUATION DEFAVORISEE 195
I. Les principes déterminant le rapport au politique 197
I.1 La prise en compte du principe de totalité 197
I.2 L’affirmation d’un principe de dénonciation 199
II. Typologie des rapports au politique des allocataires du revenu minimum 203
II.1 L’apathie : une inaction politique résultant d’une carence de représentation sociale 203
II.2 Le mécontentement : un rapport à la politique à mi-chemin entre la lutte des classes et le radicalisme dépolitisé 205
II.3 La perplexité : la figure contemporaine du désengagement politique 207
II.4 La loyauté : sentiment d’appartenance sociale et implication politique 209
III. Culture politique et types de rapport au politique 211
III.1 La typologie élaborée est-elle culturellement sous influence ? 212
III.2 Des modalités nationales de construction de la citoyenneté 213
CHAPITRE 4
L’APATHIE POLITIQUE
INCORPORATION D’UN STATUT DEVALORISE 217
I. Les dimensions récurrentes de l’apathie 220
I.1 Le fait central de l’apathie : un désintérêt décomplexé pour le politique 222
a) Héritage familial et absence de socialisation politique 223
b) Un faible niveau culturel 226
c) L’emprise du quotidien 235
I.2 L’absence de repères idéologiques : indifférenciation et indifférence 242
a) Une méconnaissance de l’actualité politique nationale 242
b) L’indifférenciation entre Gauche et Droite 246
c) De l’indifférenciation à l’indifférence partisane 250
I.3 Un comportement abstentionniste cohérent avec l’apathie 252
a) La faiblesse de l’impératif normatif du vote 255
b) Absence de motivation et manque de confiance en soi 261
c) Les ruptures familiales précipitent le recours à l’abstention 264
I.4 Relativisme moral et méfiance généralisée 266
a) Les hommes politiques, ces « représentants » si distants… 266
b) Une image plutôt péjorative du personnel politique 268
c) Une neutralité politique soutenue par un relativisme moral 270
II. Les variations nationales de l’apathie 273
II.1 L’exemplarité de l’apathie politique en Espagne 273
a) Absence de pressions normatives et sentiment d’incompétence 274
b) Le sentiment de se sentir « comme tout le monde » 276
c) Des appartenances de proximité : la famille et la Navarre 278
II.2 Stigmatisation accrue et anomie en France 280
a) Statut dévalorisé et sentiment d’être stigmatisé 281
b) Détournement du stigmate et valorisation de son « image pour autrui » 282
c) L’absence d’identification à un collectif 285
II.3 La pérennité des identités partisanes en Angleterre 287
a) L’incorporation de la pauvreté comme caractéristique héritée et partagée 288
b) Identification à un groupe social et acceptation des inégalités 291
c) L’adhésion identitaire au Labour 292
d) Confiance modérée et pragmatisme en Angleterre 294
Conclusion partielle 297
CHAPITRE 5
LES VOIX DU MECONTENTEMENT 301
I. Les dimensions récurrentes du mécontentement 302
I.1 La référence constante aux expériences personnelles 303
a) Un mécontentement inscrit dans des trajectoires de vie 303
b) Un goût pour la politique qui s’inscrit dans le cadre d’une sociabilité 308
c) Entre idéal politique et fatalisme 312
I.2 Une rhétorique virulente au service d’un intérêt viscéral pour la politique 315
a) La virulence comme expression d’une passion pour la politique 315
b) Mensonge et corruption : une vision négative de la classe politique 317
c) Un niveau de connaissances indépendant du niveau d’études 322
I.3 Un rapport ambigu au processus électoral 324
a) Le rejet des problématiques politiciennes 324
b) Le renoncement à un vote pourtant valorisé 329
c) Un état d’esprit ouvert aux modes d’expression alternatifs 333
I.4 Des représentations entre individualisme et antagonisme social 335
a) Une image de soi positive : le rejet du stigmate 335
b) La perception d’un fort antagonisme social et politique 337
c) Des appartenances collectives essentiellement rhétoriques 340
II. Les variations nationales du mécontentement 344
II.1 La protestation : une coutume française 345
a) Une personnalisation poussée du politique 346
b) Le Front National : un choix en adéquation avec le mécontentement ? 347
II.2 Remise en cause du système bipartite en Grande-Bretagne 350
a) Critique du bipartisme et des general elections 351
b) Le vote, entre énonciation du mécontentement et calcul stratégique 351
c) Effondrement des appartenances de classe et des adhésions identitaires 353
II.3 Mécontentement et marginalité radicale en Navarre 354
a) L’envahissement du quotidien par le politique 355
b) Une perception de l’actualité guidée par la conviction d’être manipulé 356
c) Le soutien à toute forme alternative d’expression politique y compris le terrorisme 358
d) Une conscience nationale 359
Conclusion partielle 361
CHAPITRE 6
LA PERPLEXITE
UNE QUETE DE CERTITUDE DANS UN CONTEXTE SOCIOPOLITIQUE INCERTAIN 363
I. Les dimensions récurrentes de la perplexité 366
I.1 Un intérêt global pour le politique, sans orientation partisane 367
a) La politique comprise comme moyen d’action sur la société 367
b) Le facteur déterminant de la perplexité : le niveau d’études élevé 370
c) Des sources d’information diversifiées 373
d) Perplexité partisane dans un contexte idéologique complexe 376
I.2 Le désarroi d’une conscience citoyenne 379
a) Le vote : un devoir au service d’une conscience citoyenne 380
b) La forte valorisation du vote n’exclut pas le recours à l’abstention 384
c) La volatilité électorale : un comportement en adéquation avec la perplexité 386
I.3 Le sentiment d’avoir sa place dans la société 388
a) Permanence des sociabilités 389
b) Conscience d’un lien de citoyenneté invisible 391
I.4 Une attitude dubitative à l’égard des hommes politiques : vers un désenchantement du monde politique ? 394
a) Un regard distancié et modéré sur les scandales politiques 394
b) Doute quant aux capacités des gouvernants et conscience de la complexité des décisions politiques 396
c) Le dévoilement des artifices de la politique : vers un désenchantement 399
II. Les cultures nationales comme cadre interprétatif de la perplexité 404
II.1 Confusion idéologique en France 405
a) L’affaiblissement du clivage Gauche/Droite 406
b) Une méfiance à l’égard des chiffres du chômage 407
II.2 L’affaiblissement des appartenances collectives en Angleterre 409
a) Le refus des identités catégorielles imposées 409
b) L’affaiblissement des identités collectives 413
II.3 L’Espagne : en quête d’une politisation 415
a) Une attitude claire de condamnation à l’encontre de l’E.T.A. 416
b) La dimension critique de l’intérêt pour la politique 417
c) Une volatilité électorale en quête du meilleur choix 419
Conclusion partielle 421
CHAPITRE 7
LE MAINTIEN DE FORMES DE LOYAUTE POLITIQUE 425
I. Les dimensions récurrentes de la loyauté 427
I.1 Une socialisation politique achevée et perdurante 428
a) Des orientations politiques revendiquées 428
b) La politique comme élément autobiographique 432
c) Une bonne compréhension des clivages idéologiques 436
I.2 Le vote comme droit politique au service d’idées 440
a) Voter : un droit fondamental 440
b) Voter pour défendre des idées 441
c) Une compréhension large de la citoyenneté 444
I.3 Sentiment d’intégration et rôle de l’État 445
a) Méfiance et reconnaissance à l’égard des politiques sociales 446
b) Le rôle macro-économique de l’État 450
I.4 La conscience d’une distanciation en cours 456
a) La résistance au délitement 456
b) La nécessité de prouver son intégration politique 460
II. Les cultures nationales comme cadre interprétatif de la loyauté 461
II.1 France : le credo du vote comme devoir 462
II.2 Angleterre : Le sens de la britannicité 464
a) De l’importance d’être Britannique 465
b) Remise en question du bipartisme 466
II.3 Espagne : le rôle des institutions 467
Conclusion partielle 470
CONCLUSION GÉNÉRALE 473
1. Une approche structurelle du rapport au politique 474
2. Une approche compréhensive des façons de penser le politique 477
3. Un rapport « populaire » au politique 484
4. Coexistence d’une culture populaire et de cultures nationales 490
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